PRESSE / La crise nous a fait réfléchir à un modèle d'entreprise plus responsable

A la tête des Etablissements Delpech à Cahors, Fanny Parre a vu ses équipiers se révéler pendant la crise, tous unis pour maintenir l’activité malgré le confinement. Au final, l’entreprise a plutôt bien traversé cet épisode tandis que la cohésion de groupe s’en est sortie renforcée.

 

Fanny Parre dirige l'entreprise Delpech, une entreprise familiale spécialiste de l'installation de systèmes de chauffage à Cahors (46) et à Caussade (82), membre du réseau Axenergie.

 

C’est souvent dans l’adversité que l’on reconnaît les siens. Fanny Parre a pu s’en rendre compte avec la crise sanitaire qui a frappé le pays. Dès l’annonce du confinement, ses équipiers se sont rangés à ses côtés, tels de bons soldats prêts au combat. Pas question de baisser les armes, la reprise du travail s’est imposée comme une priorité.

«Cela a été un réflexe de survie immédiat. Dès que l’on a appris à la télé qu’il fallait s’arrêter de travailler, on s’est dit que c’était impossible, pour nos 23 salariés, mais aussi pour nos clients. Nous nous sommes réunis et avons immédiatement travaillé sur les procédures à mettre en place pour la sécurité de nos salariés, mais aussi en intervention chez les clients, avec les moyens et les informations dont nous disposions sur le moment. De ce fait, nous n’avons quasiment essuyé aucun refus, notamment chez les particuliers».

Avec le recul, Fanny Parre dit avoir retiré beaucoup de positif de cet épisode propice au changement. Habituée à diriger et à prendre ses décisions seule, elle a accepté, dans l’urgence, les prises d’initiatives des uns et des autres. «Beaucoup se sont révélés face à l’imprévu de la situation. Réaliser que je pouvais ainsi m’appuyer sur mon équipe a permis d’évacuer l’angoisse et ainsi de traverser la période plus sereinement.

J’en ai retiré des choses positives pour l’avenir : être plus flexible, cohérente, sans jamais perdre de vue que l’humain doit plus que jamais être au cœur de l’entreprise, et surtout la volonté de m’appuyer un peu plus sur ceux qui ont beaucoup donné. Je pense important pour la performance de nos entreprises de consacrer du temps à entretenir leur résilience, tant individuelle que collective».

LE RÉSEAU AXÉNERGIE, UN ALLIÉ PRÉCIEUX

Son expérience, Fanny Parre l’a partagée avec ses confrères au sein du réseau Axénergie, dont elle est l’un des piliers au conseil d’administration. «Avec les autres membres du conseil, nous avons beaucoup échangé en visio-conférence. Notre préoccupation était de savoir comment le tissu d’adhérents, sur le terrain, vivait cette crise sans laisser aucun chef d’entreprise démuni. C’est l’essence même du réseau.

Un grand élan d’entraide s’est vite mis en place : Bruno His (animateur du réseau) et Julien Philippe (animateur-développeur) se sont mobilisés, appelant sans relâche les adhérents pour prendre la température, les sortir de leur isolement. De notre côté, nous avons diffusé aux confrères toutes les procédures que nous-mêmes avions mises en place dans nos entreprises. Tout a été mutualisé, nous n’avons pas travaillé que pour nous, mais aussi pour les autres, c’est cela l’esprit réseau.»

Aujourd’hui, l’activité est repartie, quasi à la normale. Maintenir l’activité pendant la crise lui a même fait gagner de nouveaux clients. «Heureusement, nous avions anticipé en créant un sur-stock alors que notre carnet de commandes était plein, honorant ainsi nos marchés et maintenant une trésorerie stable.

Mais de toute façon, les distributeurs locaux ont vite rouvert avec la mise en place de «drive». Avec toutes les mesures de protection que nous avons mises en place, nous avons perdu un peu en productivité, certes, mais avons conservé l’intégralité de notre personnel. Malheureusement certains confrères n’ont pas passé le cap...».

JOUER COLLECTIF

Fanny Parre le reconnaît, la crise a eu un effet déclic, celui de voir beaucoup de choses différemment à présent. A commencer par changer son mode de management. «Je veux garder tout ce qui en est ressorti de positif, libérer les initiatives, laisser émerger les idées nouvelles, donner du sens à notre action, remettre l’humain au cœur de l’entreprise.»

Et de citer tour à tour les moteurs qui font avancer: la confiance réciproque, l’écoute, la bienveillance, la clarté dans le discours. Et à l’inverse, fuir les ondes négatives, tout ce qui tire vers le bas, ne plus travailler sous pression. «Je ne veux plus diriger l’entreprise telle que je la vivais auparavant, c’est un stress permanent. En tant que chef d’entreprise, je ne cherche plus la solution unique et parfaite, car j’ai compris que la solution ne peut être que collective. Elle est la somme d’une multitude de solutions imparfaites mises en place par ceux qui font et qui savent : mes collaborateurs et mes collègues du réseau Axénergie. Je les remercie tous !».

 

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